[Profil] Aloyse Waly Diouf : Docteur ès communication sanitaire

Spécialisé en santé publique, Aloyse Waly Diouf, le Monsieur communication du ministère, dirige les équipes d’élaboration des plans de Com depuis près de 10 ans. Le directeur de cabinet de Diouf Sarr est aussi un expert évaluateur de l’Oms, avec des missions dans près de 12 pays africains.
Il fait partie des hommes révélés au grand public par l’apparition de la Covid-19 au Sénégal. Pourtant, même s’il était un illustre inconnu, l’homme a longtemps occupé une place stratégique au département de la Santé.
Directeur de cabinet du ministre Abdoulaye Diouf Sarr, Docteur Aloyse Waly Diouf cumule une expérience de plus de 15 ans dans la médecine, avec près de 10 ans dans les instances de décision du ministère.
Avec le point quotidien sur la situation du coronavirus au Sénégal, il a régulièrement pris le relais de son patron pour s’adresser à l’opinion sénégalaise. Une tribune privilégiée qui l’a jeté sous les lampions, avec d’autres figures du ministère.
Médecin spécialisé en santé publique, Aloyse Diouf semble avoir signé un contrat à durée indéterminée avec la communication en santé. Sa position dans l’adresse du ministère sur la Covid-19 n’est que continuité, pour lui.
En effet, depuis mai 2013, il est le coordonnateur du volet communication dans le Comité national de gestion des épidémies (CNGE) du Sénégal. À ce titre, il avait dirigé la commission Com du comité de gestion, durant l’épidémie Ebola, en 2014.
Le coordonnateur du Réseau des communicateurs en santé de la Cedeao a également dirigé plusieurs équipes d’élaboration de plan de communication au ministère : opérations d’urgences sanitaires, programme élargi de vaccination, allaitement maternel exclusif, planning familial, cancer, poliomyélite, changement de comportement… Bref, il est presque omniprésent dans la communication du ministère, qu’elle soit de crise, portée sur les risques, pour le développement ou institutionnelle.
Un poste rare chez les médecins
Pour se parfaire, l’homme à la voix rauque a dû multiplier les formations en communication sur la santé, de 2014 à 2018, notamment avec l’Oms à Dakar, Abuja, Atlanta ou en France. Au point d’être parmi les formateurs. L’ancien médecin-chef de la région médicale de Mbour est aussi titulaire d’un Master 2 en santé publique, depuis 2012.
Mais le spécialiste devra sans doute revoir sa copie. Car, la communication du ministère sur la gestion de la Covid-19 est de plus en plus critiquée, parce que qualifiée de stéréotypée. La clameur monte jusque dans les rangs des acteurs de la Santé. En atteste la dernière sortie du Pr Moussa Seydi à Ziguinchor.
Expert évaluateur externe de l’Oms, Aloyse Diouf est intervenu dans plus de 12 pays africains, entre 2005 et 2017, pour la mise en œuvre du règlement sanitaire international. Il en était même le chef d’équipe en 2005, en République centrafricaine.
C’est sans doute ces casquettes et cette position stratégique au sein du département de la Santé qui ont fait qu’il a tapé dans l’œil de l’ancien ministre Awa Marie Coll Seck.
En effet, cette dernière l’avait remarqué et voulait en faire un de ses proches collaborateurs. ‘’À l’époque, il n’y avait pas de conseiller technique n°1. Eva Marie Coll Seck a voulu faire de moi son CT1 ; je lui ai donné mon accord de principe. Mais, entre-temps, elle est partie. Quand le ministre Abdoulaye Diouf Sarr est venu, il a pris connaissance des dossiers. C’est ainsi qu’il a matérialisé cette volonté de son prédécesseur’’, souligne Dr Aloyse Waly Diouf.
Ce père de 3 enfants devient ainsi le CT1 de Diouf Sarr, en septembre 2017.
 “Je me suis complètement noyé” au Prytanée
Un poste qu’il va occuper brièvement avant qu’une nouvelle promotion n’intervienne. En effet, au bout de 4 mois (septembre-décembre), il est nommé directeur de cabinet. ‘’Je peux me targuer d’être le deuxième médecin civil à être directeur de cabinet’’, se glorifie-t-il.
Cette fonction est, en effet, davantage occupée par les politiques. Une position certes stratégique, mais aussi assez prenante. Car, c’est à la fois le trait d’union entre le ministre et le personnel de santé, mais aussi la porte d’accès de la population à l’autorité. ‘’Il faut donc accepter de réunir et d’écouter, faciliter les tâches, servir de lien…’’.
Un travail encore plus difficile, en ces temps où il faut surtout organiser la communication du département de la Santé autour du coronavirus.
Sérère bon teint, grand gabarit, Dr Aloyse Waly Diouf a vu le jour le 27 janvier 1971 à Tivaouane. Il a grandi à Mboro, à la cité Mbaye-Mbaye où il a fait ses études primaires dans une école privée. Le jeune homme avait le privilège d’être dans un établissement franco-sénégalais où les effectifs étaient très réduits.
Peu importe, Aloyse se décrit comme un élève ‘’très sage’’. Mais surtout un brillant écolier qui a toujours surclassé ses camarades. “De CI à CM2, j’ai été une fois 2e. Pour le reste, j’étais toujours 1er”, s’enorgueillit-il.
Gréviste à l’Ucad
De Mboro, il débarque chez Charles N’tchoréré, au Prytanée militaire de Saint-Louis. C’est en 1982. Il va trouver plus futé que lui dans cet établissement d’excellence. Les premières places du classement vont lui échapper définitivement. “Je me suis complètement noyé au milieu du tableau”, plaisante-t-il.
Au bout d’un séjour de 8 ans, il obtient le Baccalauréat en série D, en 1990. Quatorze ans plus tard, il décroche le Doctorat d’état en médecine, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Durant ce parcours, comme la plupart des jeunes Sénégalais, Aloyse Waly Diouf a joué au football. Il a même participé aux championnats populaires communément appelés ‘’navétanes’’, sous le maillot de l’Association sportive Cité Industrielle. Mais son pied n’avait rien à voir avec le gaucher messianique de ‘’la Pulga’’. Au contraire, il était un piètre footballeur. ‘’J’étais plutôt remplaçant. C’est pourquoi j’ai rapidement arrêté d’être joueur pour devenir entraineur’’, admet-il.
Élève sage à l’école primaire, le jeune adulte va devenir plus agité, lors de ses études post-Bac. Syndicaliste, secrétaire général de l’Amicale des étudiants de la faculté de Médecine, il a eu à diriger des grèves. Objectif ? ‘’Réclamer de meilleures conditions d’études’’, répond-il.
‘’Pratiquant très engagé’’
Après le serment d’Hippocrate en 2004, il est affecté dans la banlieue dakaroise, dans une structure sanitaire nouvellement créée. ‘’Je suis parmi les 3 premiers médecins de l’hôpital de Pikine. Nous avons aidé à rendre fonctionnelle cette structure’’, se souvient-il.
En 2008, il devient éducateur au Service national de l’éducation et de l’information pour la santé (SNEIPS). Une entité dont il sera le patron plus tard, entre mai 2013 et septembre 2017, date à laquelle il a été nommé conseiller technique n°1 du ministre Abdoulaye Diouf Sarr.
Mais, entre-temps, il a fait un bref passage d’une année à Thiès (2010-2011) comme adjoint du médecin-chef, avant d’être affecté à Mbour, cette fois-ci en tant que médecin-chef de district.
Fervent catholique, ‘’pratiquant très engagé’’, Aloyse Waly Diouf a été, en 2013, le médecin-chef de la mission d’encadrement médical pour le pèlerinage aux Lieux saints de la chrétienté. Il a également dirigé la commission médicale de Popenguine, de 2000 à 2014.