Adama Kane Diallo « Nous demandons aux autorités de bien se pencher sur la restructuration et l’assainissement de certains quartiers de Saint-Louis »

Dans ce numéro de L’INTERVIEW, le président du Conseil Communal de la Jeunesse de Saint-Louis, Adama Kane Diallo, lance un appel à la solidarité en faveur des victimes des inondations à Saint-Louis et il y invite tous les Saint-Louisiens des quatre coins du monde.
Adama Kane Diallo invite également les autorités à se pencher sur la structuration et l’assainissement de certains quartiers de la ville tricentenaire, comme Diaminar, Gunaw rail, et une partie de Diamaguène.

President, votre ville Saint-Louis est aujourd’hui frappée par les inondations. Votre réaction?

Je suis un Saint-Louisien de cœur, tout ce qui touche à la population de cette ville m’affecte forcément. J’exprime un sentiment de tristesse, de désolation et de compassion à l’endroit des sinistrés des inondations à Saint-Louis.

Est-ce que cela dénote l’échec des autorités municipales de la commune comme le pensent certains?

À mon avis, la responsabilité est partagée parce que la gestion de la cité incombe à tout le monde. En effet, l’Etat doit investir sur l’assainissement en installant des infrastructures pour régler les inondations et la mairie se charge de l’entretien de l’assainissement une fois celles-ci réalisées. Maintenant, les populations aussi devront veiller à la bonne tenue et à l’entretien de ces dites infrastructures.

À Saint-Louis, il y’a des zones bien assainies, d’autres zones sont assainies mais parfois le mauvais comportement de certains habitants ne contribue pas à préserver ces installations. Par contre il y’a d’autres quartiers, où il n’y a pas d’assainissement parce qu’ils ne sont pas lotis, et les gens y habitent n’importe comment, ce qui ne favorise pas une bonne canalisation de l’eau vers les points de collecte.

Par conséquent, nous demandons aux
autorités de bien penser à la restructuration et à l’assainissement des quartiers comme Diaminar, Gunaw rail, une partie de Diamaguène derrière les rails.
Nous lançons un appel solennel à tous les Saint-Louisiens vivant au Sénégal et partout dans la Diaspora à venir soutenir les populations sinistrées des inondations, car ces derniers sont très fatigués.

Quel regard portez-vous sur la gestion de la mairie par l’équipe en place?

Je pense qu’elle est en train de travailler et à l’heure du bilan je ferais mes appréciations.

À Saint-Louis vous militez pour la formation de l’élite locale, notamment les jeunes. Avez-vous senti un défaut de formation des jeunes?

La jeunesse Saint-Louisienne est une jeunesse très ambitieuse et très rigoureuse mais, avant mon arrivée à la tête du Conseil Communale de la Jeunesse de Saint-Louis, les jeunes éprouvaient d’énormes problèmes pour trouver des formations. Quand je suis venu, j’ai adopté une politique en partenariat avec certaines structures qui aident les jeunes. Ceci a permis aux Jeunes Saint-Louisiens d’avoir plusieurs offres de formations afin d’être qualifiés et de pouvoir trouver un emploi décent. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes sont formés et certains même travaillent grâce à nos partenaires.

Est-ce que vous avez l’accompagnement nécessaire des autorités pour faciliter la formation et l’insertion professionnelle aux jeunes?

Oui, je peux dire qu’elles nous appuient, parce qu’il n’y a pas longtemps, nous avons reçu notre subvention de la part du maire M. Mansour Faye que nous remercions au passage. Mais nous bénéficions particulièrement d’autres soutiens techniques et financiers de la part des organisations d’appuis pour les Jeunes telles que la commune de Saint-Louis, l’ANPEJ, CREJ, G.I.Z ONFP, ADPEME G.F.A. Espace Jeunes Ecubateur de l’UGB etc. Ils nous accompagnent dans notre mission et c’est l’occasion également de lancer un appel aux autorités locales et étatiques aux personnes de bonne volonté pour qu’elles continuent à soutenir les jeunes Saint-Louisiens à se former davantage et à trouver de l’emploi pour subvenir à leurs besoins et pour qu’ils ne s’adonnent pas à des débauches comme l’émigration clandestine.

Vous avez fait plusieurs années à la tête du Conseil communal de la jeunesse de Saint-Louis. Pensez vous à rendre le tablier?

Oui! je pense qu’il est temps qu’un autre jeune me succède à la tête du Conseil Communal de la Jeunesse de Saint-Louis. Car j’ai rempli ma mission et je dois donner la chance aux autres jeunes afin de prouver leurs capacités.

Vous avez lancé tout récemment le mouvement Ndar Ça Kanam. Est-ce que cela dit que vous voulez aller à la conquête de la ville de Saint-Louis?

Ndar Ça Kanam est composé de plusieurs membres qui sont dans les 33 quartiers de la commune et des autres localités dans le département de Saint-Louis.
Nous continuons de massifier notre mouvement, nous tenons des réunions d’évaluation, nous élaborons des plans d’actions et des stratégies politiques, tout ce qui nous intéresse en ce moment, c’est le développement de notre chère ville.
Néanmoins, nous sommes une structure politique et nous faisons de la politique.
Le moment venu, les responsables du mouvement se réuniront pour décider si nous irons ou pas aux prochaines élections locales et comment nous allons y aller…