le football remonte la pente après des années de crise

Mali – Africa Press. Après presque quatre ans de crise institutionnelle, le football malien commence à se redresser, désormais doté d’une vraie fédération, dont Mamoutou Touré, dit « Bavieux », vient de prendre la tête. Mais les rivalités de clans ont laissé des traces.

L’homme aura fort à faire pour redresser le football malien. Le 3 septembre, Mamoutou Touré, dit « Bavieux », a été élu à la tête de la Fédération malienne de football (Femafoot) pour un mandat de quatre ans, face à Salaha Baby et Alassane Souleymane. Cette élection met fin au comité de normalisation mis en place par la FIFA depuis presque deux ans pour tenter de mettre fin à l’interminable crise institutionnelle dans le football malien.

La mission principale du nouveau dirigeant ? Réconcilier les acteurs du football local, usés par cette crise liée à des rivalités de clans qui avait poussé le nouveau ministre des Sports, Arouna Modibo Touré, à s’investir personnellement pour y mettre fin.

@BavieuxToure, nouveau Patron de la Fédération Malienne de Football [email protected]_Online @CAF_Media @FIFAcom #Mali #Football pic.twitter.com/94bKSthx11
— FEMAFOOT (@femafoot) August 29, 2019À l’arrêt depuis deux ans, le championnat de D1, avec 23 équipes, a repris tandis que celui de D2, avec 28 équipes, s’apprête à redémarrer.

« Pour le moment, tout se passe bien au niveau de l’organisation. Il y a du monde dans les stades. On voit que le public malien, privé de matches depuis plus de deux ans, attendait impatiemment cette reprise », note Modibo Coulibaly, le secrétaire général de Djoliba AC, l’un des trois plus grands clubs du pays avec le Stade Malien et le Real Bamako.

La situation sécuritaire du pays a néanmoins obligé l’État à renforcer la présence policière et militaire autour des stades, y compris à Bamako. Mais on joue aussi au football dans le nord du Mali, puisque deux clubs – Avenir AC Tombouctou et Sonni AC Gao – sont engagés en D1.

Afin de garantir au maximum les déplacements dans ces deux villes, l’État a passé un accord avec l’opération de maintien de la paix des Nations unies au Mali MINUSMA, afin que les équipes puissent voyager dans des avions militaires. Même si les distances sont relativement courtes entre les aéroports et ces deux villes, les joueurs bénéficient par ailleurs d’une escorte armée.

Des années de crise, un championnat à l’arrêt, et des recettes presque inexistantes : les finances des clubs maliens ont été lourdement impactées par ce quasi-immobilisme. « Malgré ces difficultés, nous parvenions à payer régulièrement nos joueurs sous contrat (payés autour 120 000 à 150 000 FCFA par mois, soit 180 à 230 euros) grâce à une avance de la part de nos dirigeants. Mais d’autres ne le pouvaient pas », regrette Seydou Sow, le président du Real Bamako. Les ressources des clubs sont en effet limitées : comme il n’y avait pas de championnat, le sponsor Orange ne versait pas les 20 millions de FCFA (30 500 euros) habituels à chaque club pour la saison.

Pour compenser ce manque de moyens, la Femafoot a néanmoins décidé de donner un coup de pouce à la reprise du championnat à hauteur de 3 millions de FCFA (4 600 euros) pour chaque club. « C’est peu, mais il faut s’en contenter », intervient Modibo Coulibaly de Djoliba AC.

Avec la reprise du championnat, Orange joue à nouveau son rôle de sponsor mais sept clubs sont laissés de côté. « Orange avait prévu un budget de sponsoring pour les seize clubs du championnat habituels. Nous avons donc sollicité l’aide financière de la FIFA pour les autres clubs », explique le nouveau président de la Femafoot.

À cause de la crise, les ventes de joueurs, qui représentent une source de revenus substantielle, ont également été réduites « Comme il n’y avait quasiment plus de matches, hormis la Coupe du Mali et les rencontres de clubs maliens en coupes d’Afrique, il était difficile pour les joueurs de se mettre en évidence. Beaucoup sont partis à l’étranger, souvent sans rapporter beaucoup d’argent aux clubs. Désormais, ils partent pour 20 000 euros, parfois moins », se lamente Modibo Coulibaly.« La tendance est à l’apaisement »

« On ne sort pas de quatre ans de crise sans dommages, mais il faut regarder devant nous. Affaibli, le football malien ne peut plus se permettre de retomber dans les conflits. Ceux qui s’opposaient hier doivent désormais travailler ensemble », prévient Mamoutou Touré. L’État, qui ne tolérera pas de nouvelles dérives, suit de très près l’évolution de la situation. « Même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, on agit pour le bien du football malien. On échange des idées car il y a une volonté affichée d’avancer », souligne-t-il.

Un dirigeant confirme sous couvert d’anonymat « que la tendance est à l’apaisement. Mamoutou Touré a tendu la main à ses opposants qui l’ont acceptée. Reste à savoir si les questions d’ego et les rivalités de clans ne resurgiront pas, même si c’est un risque qui me semble limité. »

La FIFA, qui avait imposé un Comité de normalisation et suspendu la Femafoot en avril 2017, garde également un œil attentif sur le dossier. Et elle non plus ne supportera pas le moindre écart.

Un ultimatum pour le sélectionneur

Pour prouver qu’il veut jouer un rôle de premier plan dans le football malien, Mamoutou Touré a demandé à Mohamed Magassouba, l’entraîneur des Aigles du Mali, de choisir entre son poste de sélectionneur et celui de Directeur technique national (DTN). Pour le nouveau patron de la Femafoot, le cumul de deux fonctions n’est pas acceptable. Ainsi, ce dernier dirigera peut-être son dernier match, ce dimanche 13 octobre, lors d’un match amical contre l’Afrique du Sud.Plusieurs techniciens libres ont d’ores et déjà envoyé leur CV à Bamako, au cas où Mohamed Magassouba décide de ne conserver que la DTN.

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