Amir Abdou nominé pour le titre d’entraîneur africain de l’année 2020

Le Lot-et-Garonnais Amir Abdou est en passe de qualifier la sélection des Comores pour la Coupe d’Afrique des Nations 2022 au Cameroun. Un exploit qui a propulsé celui qui a récemment enfilé la double casquette d’entraîneur du FC Nouadhibou (Mauritanie) parmi les 5 nominés pour le titre d’entraîneur africain de l’année ! Une reconnaissance qui méritait de s’arrêter à nouveau sur les fées qui ont bercé son parcours, de Bon-Encontre à Nouakchott, en passant par Moroni. Récit.

C‘était il y a quelques jours, au bout d’une liaison téléphonique d’un autre monde. Celui de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. Amir Abdou y déjeunait en extérieur et seul le souffle de l’Harmattan, ce vent très sec qui balaye le Sahara et l’Afrique de l’Ouest, troublait la quiétude de sa voix. Une sagesse digne du bédouin ou du griot africain, on ne sait plus très bien, mais sûrement celle qui l’a guidé, lorsque l’agent territorial au service jeunesse de la mairie de Bon-Encontre a décidé de répondre à son destin.

C’était en 2014, le coach de Golfech (Division Honneur Régionale), Amir Abdou, devenait par l’entremise de ce que tout le monde croyait être un incroyable concours de circonstances, le sélectionneur de son pays d’origine, les Comores ! Avec la force spirituelle qui l’habite, il allait convaincre inlassablement sa fédération, le président de la République fédérale et les expatriés de cet archipel perdu dans le canal du Mozambique. On sait ce qu’il est advenu, les Cœlacanthes ont rivalisé plus vite que prévu avec les grandes nations du continent africain, jusqu’à cette victoire du 15 novembre dernier face au Kenya qui a quasiment qualifié les Comores pour la Coupe d’Afrique des nations. Elle se déroulera en janvier 2022 au Cameroun. Il n’en fallait pas tant pour que sa renommée traverse le vaste continent africain et, quelques jours seulement après son dernier exploit comorien, Amir Abdou se retrouvait à Nouadhibou pour mener une nouvelle quête.

Le piège ghanéen
Le club de football local, pour le moment délocalisé à Nouakchott (en attente que son nouveau stade soit édifié pour accueillir la coupe d’Afrique des moins de 20 ans), y préparait le tour préliminaire de la Ligue des champions africaine. La double confrontation contre le club ghanéen Asante Kotoko a viré depuis à l’improbable scénario, comme on voudrait que le football africain n’en offre plus. Après un match nul à l’aller, les Mauritaniens furent éliminés sur tapis vert, la faute à des tests Covid-19 positifs révélés au cours d’un séjour qui sentait le piège à plein nez. “Nous avons vraiment l’impression, pour rester poli, qu’on s’est fait avoir”, devait commenter Amir Abdou à nos confrères du Monde Afrique.

Qu’à cela ne tienne, laissant sa famille passer les fêtes de fin d’année du côté de Valence-d’Agen, en Tarn-et-Garonne, Amir Abdou est resté construire le futur d’un football mauritanien qui veut sortir du sable du Sahara. Sur ce sol encore meuble, il marche d’ailleurs dans les pas du sélectionneur français de la Mauritanie, un certain Corentin Martins. Ce dernier a pu lui dire combien les structures qui l’attendaient sur place étaient à la hauteur de ses ambitions. Celle d’une passion pour le ballon rond qui n’a pas fini de guider Amir Abdou, désormais reconnu par ses pairs africains, comme en atteste sa nomination récente parmi les cinq coachs en lice pour devenir entraîneur africain de l’année 2020.

Un jour peut être, le retour en France ?
Il fait figure de révélation aux côtés des quatre autres nominés : le champion d’Afrique sud-africain Pitso Mosimane (Al-Ahly), le vainqueur de la Coupe de la CAF Tarik Sektioui (RS Berkane), le surdoué algérien Djamel Belmadi et le tacticien sénégalais Aliou Cissé. Mieux, le magazine So Foot l’a fait récemment monter sur son podium au moment de remettre le prix So Foot Club du sélectionneur de l’année, juste derrière Luis Enrique et de Marco Rossi, les sélectionneurs de l’Espagne et de la Hongrie. De quoi lui donner l’envie de rêver encore plus grand dans les prochaines années ? S’il se dit prêt à répondre un jour à l’appel d’un club professionnel français, Amir Abdou n’en fait pas un totem. Il veut pour le moment continuer de profiter de sa double casquette de coach du FC Nouadhibou et de sélectionneur des Comores, pour emmagasiner cette expérience qui le nourrit au fil de ses défis. Son plus beau trophée reste, pour le moment, la reconnaissance africaine. En espérant qu’un jour elle lui permette de traverser à nouveau la Méditerranée.

 

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